Stellaris Gestion

Veille juridique copropriété

Semaine du 31 juillet au 7 août 2026

8 éléments notables

Bonne lecture,

Cette semaine est marquée par une actualité juridique dense avec plusieurs arrêts majeurs de la Cour de cassation rendus début juillet 2026, notamment sur les charges d'ascenseur, l'action en responsabilité des copropriétaires et l'administrateur provisoire. Côté réglementation, l'arrêté du 23 juin 2026 réformant le registre national des copropriétés a été publié au JO du 19 juillet, et l'arrêté du 30 juillet 2026 portant attribution du label « gestion des copropriétés en difficulté » est paru au JORF du 1er août. Enfin, la SNBC 3 (Stratégie nationale bas-carbone) a été publiée en juillet 2026, fixant des objectifs de décarbonation contraignants pour le secteur du bâtiment.

1. Droit de la copropriété et métier de syndic
Haute

Registre national des copropriétés : nouvelles données obligatoires à compter de janvier 2028

Arrêté du 23 juin 2026 — JO du 19 juillet 2026 | Légifrance

Type : Arrêté

Un arrêté du 23 juin 2026, publié au Journal officiel du 19 juillet 2026, modifie en profondeur les données collectées dans le registre national d'immatriculation des syndicats de copropriétaires (RNIC). À compter de janvier 2028, les syndics devront déclarer : l'identifiant du Référentiel national des bâtiments (RNB), le DPE collectif, le plan pluriannuel de travaux (PPT), les systèmes techniques (chauffage, ventilation, eau chaude sanitaire, ascenseurs) et les diagnostics obligatoires. Par ailleurs, le seuil d'alerte sur les impayés passe de « plus de 300 € » à « plus de deux trimestres de charges », une mesure plus adaptée à la réalité de chaque copropriété.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Anticipez dès maintenant la collecte des données techniques de chaque immeuble. Dès septembre 2026, constituez un dossier par copropriété rassemblant : DPE collectif, PPT, caractéristiques des équipements (chauffage, VMC, ascenseurs), identifiant RNB. La mise en conformité d'ici janvier 2028 nécessite un travail préparatoire de plusieurs mois, surtout pour les copropriétés de plus de 50 lots où les données sont plus nombreuses.

⚠️ Piège à éviter : Ne pas sous-estimer le volume de données à collecter. L'identifiant RNB notamment est un code de 12 caractères qui nécessite de repérer chaque bâtiment dans le référentiel national. Certains syndics professionnels facturent déjà cette prestation de mise en conformité. Attendre 2027 pour s'y mettre expose à des frais de dernière minute et à un risque de non-conformité.

💡 Réflexe à adopter : Intégrez la collecte des données RNIC dans votre rétroplanning annuel des copropriétés. Programmez une vérification des DPE collectifs et PPT existants dès la rentrée de septembre. Pour les copropriétés sans PPT, la loi l'impose déjà depuis le 1er janvier 2025 (plus de 200 lots), 2026 (50-200 lots) ou 2026 (moins de 50 lots) — ce nouvel arrêté en renforce la portée.

Moyenne

QPC 2025-1186 du 19 mars 2026 : le Conseil constitutionnel valide l'interdiction des meublés de tourisme en copropriété à la majorité des deux tiers

Conseil constitutionnel, décision n° 2025-1186 QPC du 19 mars 2026 | Conseil constitutionnel

Type : Décision QPC

Le Conseil constitutionnel a validé la conformité à la Constitution des dispositions de l'article 6 de la loi « Le Meur » du 19 novembre 2024, permettant aux copropriétés de modifier leur règlement à la majorité de l'article 26 (double majorité des deux tiers) pour interdire ou autoriser les locations meublées de tourisme. Cette décision met fin à l'incertitude juridique qui pesait sur ces dispositions depuis leur adoption et conforte le pouvoir des assemblées générales sur la destination de l'immeuble.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Pour les copropriétés confrontées à des nuisances liées aux locations Airbnb, proposez dès la prochaine AG une résolution modificative du règlement de copropriété à la majorité de l'article 26. La validité constitutionnelle de la mesure est désormais acquise, le risque de contestation est très faible.

⚠️ Piège à éviter : Attention à la rédaction de la résolution. La modification doit être précise : interdire les « locations meublées de tourisme » au sens de l'article L. 324-1-1 du CST (location de courte durée à une clientèle de passage). Une rédaction trop large (interdisant toute location meublée) pourrait être censurée pour excès de pouvoir et exposer le syndicat à une action en responsabilité.

💡 Réflexe à adopter : Lorsqu'un copropriétaire se déclare loueur de meublé de tourisme — obligation désormais prévue par la loi Le Meur — informez systématiquement le conseil syndical. Le syndic doit tenir un registre de ces déclarations et peut proposer une résolution modificative si le conseil syndical le souhaite.

2. Réglementation de la profession de syndic

Aucune actualité notable cette semaine.

3. Recouvrement et contentieux des impayés
Moyenne

Syndicat secondaire et recouvrement des charges : la Cour de cassation limite ses pouvoirs

Cass. 3e civ., 9 juillet 2026 (publié au Bulletin) | kohenavocats.fr

Type : Jurisprudence

Dans le second des deux arrêts rendus le 9 juillet 2026, la troisième chambre civile rappelle que les pouvoirs de l'administrateur provisoire d'un syndicat secondaire ne sauraient excéder l'objet même de ce syndicat. Le syndicat secondaire ne peut recouvrer les charges dues au syndicat principal qu'en vertu d'un mandat exprès conféré par l'assemblée générale de ce dernier. Cette décision clarifie une zone de contentieux récurrente dans les copropriétés complexes comportant plusieurs bâtiments.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Vérifiez les mandats des syndicats secondaires dans les copropriétés que vous gérez comportant plusieurs bâtiments. Si le syndicat secondaire a pour mission de recouvrer les charges, assurez-vous qu'une résolution expresse de l'AG du syndicat principal l'y autorise. En l'absence de mandat, les poursuites engagées par le syndicat secondaire pourraient être déclarées irrecevables.

⚠️ Piège à éviter : Il est tentant de laisser le syndicat secondaire gérer le recouvrement des charges pour simplifier l'administration. Mais sans mandat exprès, les frais de recouvrement et les mises en demeure pourraient être contestés par les copropriétaires débiteurs, avec le risque de devoir rembourser les sommes perçues irrégulièrement.

💡 Réflexe à adopter : Lors de la rédaction des ordres du jour des AG des syndicats principaux, incluez systématiquement une résolution annuelle confirmant le mandat donné au syndicat secondaire pour le recouvrement des charges. Cette résolution ne nécessite qu'une majorité simple (article 24) et sécurise l'ensemble des procédures de l'année.

4. Prêts et financements copropriété

Aucune actualité notable cette semaine.

5. Comptabilité de copropriété

Aucune actualité notable cette semaine.

6. Fiscalité

Aucune actualité notable cette semaine.

7. Droit social

Aucune actualité notable cette semaine.

8. Indivision, démembrement, succession

Aucune actualité notable cette semaine.

9. Équipements techniques

Aucune actualité notable cette semaine.

10. Normes techniques et construction

Aucune actualité notable cette semaine.

11. Rénovation énergétique
Haute

SNBC 3 : des objectifs de décarbonation contraignants pour le secteur du bâtiment

Stratégie nationale bas-carbone — publiée en juillet 2026 | monimmeuble.com

Type : Document de planification gouvernementale

Le gouvernement a publié la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), feuille de route climatique de la France jusqu'en 2050. Pour le secteur du bâtiment, qui représente 15 % des émissions brutes françaises (56 Mt CO₂e en 2024), les objectifs sont ambitieux : réduction de 61 % d'ici 2030 et de 97 % d'ici 2050 par rapport à 1990. Les principaux leviers identifiés sont la sortie des chaudières fioul (réduction de 60 % du parc d'ici 2030), la réduction des chaudières à gaz, l'installation massive de pompes à chaleur et l'accélération des rénovations performantes. Pour les copropriétés, cela signifie une pression réglementaire croissante sur les systèmes de chauffage collectifs.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Intégrez la SNBC 3 dans votre planification stratégique des copropriétés. Dès 2026-2027, les copropriétés dotées de chaufferies collectives au fioul ou au gaz doivent être inscrites dans une trajectoire de rénovation. Anticipez les demandes de devis pour les pompes à chaleur collectives et les audits énergétiques. Le coût de l'inaction sera plus élevé : les contrats de maintenance des chaudières fioul deviendront plus rares et plus chers, et les bâtiments mal classés au DPE perdront de leur valeur.

⚠️ Piège à éviter : Ne pas confondre planification et obligation immédiate. La SNBC 3 fixe des objectifs à 2030-2050, mais n'a pas de valeur normative directe. En revanche, elle annonce les futures réglementations : attendez-vous à des interdictions progressives et à des objectifs de réduction d'émissions qui seront traduits dans des textes réglementaires dans les 12 à 24 mois. Ne pas anticiper expose à devoir réaliser des travaux dans l'urgence.

💡 Réflexe à adopter : Pour chaque copropriété, créez une « fiche énergie » mentionnant le mode de chauffage, l'âge de la chaudière, le DPE collectif, et le montant des charges de chauffage. Cette fiche servira de base pour prioriser les copropriétés devant engager des travaux. Elle sera également utile pour répondre aux nouvelles obligations déclaratives du RNIC (cf. domaine 1).

12. Assurances

Aucune actualité notable cette semaine.

13. Copropriétés en difficulté
Haute

Label « gestion des copropriétés en difficulté » : premières attributions

Arrêté du 30 juillet 2026 — JORF n° 0178 du 1er août 2026 | Légifrance

Type : Arrêté

L'arrêté du 30 juillet 2026, publié au Journal officiel du 1er août 2026, porte attribution du label « gestion des copropriétés en difficulté » aux administrateurs judiciaires remplissant les conditions prévues par le décret n° 2026-10 du 9 janvier 2026. Ce label, créé dans le cadre de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 sur l'habitat dégradé, permet de reconnaître officiellement la compétence des administrateurs judiciaires spécialisés dans le traitement des copropriétés dégradées. C'est une avancée majeure pour les syndics confrontés à des copropriétés en situation de fragilité financière ou technique.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Prenez connaissance de la liste des administrateurs judiciaires labellisés dès sa publication. Pour les copropriétés que vous gérez présentant des signes de fragilité (taux d'impayés élevé, absence de fonds travaux, dégradation des parties communes), anticipez en consultant l'un de ces professionnels labellisés. Le label garantit une compétence spécifique reconnue par l'État.

⚠️ Piège à éviter : Ne pas confondre ce label avec la désignation d'un administrateur provisoire par le tribunal. Le label est une certification de compétence, pas une procédure. La saisine du tribunal pour désigner un administrateur provisoire (art. 29-1 de la loi de 1965) reste une procédure distincte, qui peut désormais s'appuyer sur un vivier de professionnels qualifiés.

💡 Réflexe à adopter : Dès que vous identifiez des difficultés récurrentes dans une copropriété (impayés persistants, carence du conseil syndical, impossibilité de voter les travaux urgents), documentez la situation et alertez le conseil syndical. L'intervention d'un administrateur judiciaire labellisé peut être une solution plus efficace et moins coûteuse qu'une procédure contentieuse longue.

Moyenne

Administrateur provisoire : le moment de l'appréciation de l'absence de syndic précisé

Cass. 3e civ., 9 juillet 2026 (publié au Bulletin) | kohenavocats.fr

Type : Jurisprudence

Dans le premier des deux arrêts du 9 juillet 2026, la troisième chambre civile précise que le juge saisi d'une requête aux fins de désignation d'un administrateur provisoire doit apprécier la condition tenant à l'absence de syndic au jour où il statue, et non à la date de la requête. Autrement dit, si l'assemblée générale a désigné un nouveau syndic entre la requête et l'audience, la demande devient sans objet. Cette solution conforte l'autorité des décisions de l'assemblée générale intervenues dans l'intervalle.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Pour les copropriétés en carence de syndic, accélérez la convocation d'une AG de désignation d'un nouveau syndic dès que possible. Si une requête en désignation d'administrateur provisoire a été déposée, une AG tenue avant l'audience peut faire échec à la désignation — à condition de désigner effectivement un syndic (et non de simplement proposer un candidat).

⚠️ Piège à éviter : Ne pas croire que la date de la requête « gèle » la situation. Si vous êtes syndic sortant ou copropriétaire, vous pouvez encore convoquer une AG après le dépôt de la requête pour désigner un syndic. Cette AG doit être régulièrement convoquée et la désignation effective (acceptation du syndic, transmission du mandat).

💡 Réflexe à adopter : En cas de vacance du syndic, constituez un dossier de consultation des candidats syndics dans les 15 jours suivant la date de fin de mandat. Plus tôt la nouvelle désignation intervient, moins le risque de requête en administrateur provisoire est élevé. Le conseil syndical peut provoquer la tenue d'une AG si le syndic sortant ne le fait pas.

14. Meublés de tourisme
Haute

Airbnb à Paris : le tribunal judiciaire fait droit à la prescription quinquennale au bénéfice d'un propriétaire

TJ Paris, 23 juillet 2026, RG n° 25/57539 | kohenavocats.fr

Type : Jurisprudence (TJ)

Le 23 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté la demande de la Ville de Paris qui réclamait 100 000 € d'amende civile à une propriétaire ayant loué son logement sur Airbnb. Le tribunal a retenu que l'action de la Ville était prescrite, considérant que la collectivité avait connaissance des locations depuis 2017 (date de la déclaration de meublé touristique) et que le délai de prescription quinquennal était expiré. Le jugement distingue précisément la date de connaissance des faits par la Ville, la période encore juridiquement exploitable, et la preuve que le logement constituait la résidence principale de la propriétaire.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Pour les copropriétaires parisiens (ou d'autres communes soumises à autorisation de changement d'usage), ce jugement ouvre une ligne de défense utile : conserver l'historique des déclarations administratives, des avis en ligne, et des justificatifs d'occupation du logement à titre de résidence principale. La prescription quinquennale court à compter de la date à laquelle la Ville a eu connaissance des faits.

⚠️ Piège à éviter : Ce jugement est une décision de première instance, non un arrêt de la Cour de cassation. Il ne crée pas une immunité générale. Les propriétaires ne doivent pas en déduire qu'une location ancienne ne peut plus être sanctionnée. La prescription dépend des dates précises de déclaration, d'enregistrement et de connaissance effective par la commune.

💡 Réflexe à adopter : En tant que syndic, lorsque vous recevez une déclaration de location meublée de tourisme d'un copropriétaire, conservez-en la trace écrite (date de réception, accusé de réception). Cette information peut être déterminante si la Ville de Paris (ou une autre commune) engage ultérieurement une action contre le copropriétaire, car elle établit la date de connaissance des faits.

15. RGPD

Aucune actualité notable cette semaine.

16. Jurisprudence essentielle (Cass. 3e civ.)
Haute

Charges ascenseur : l'utilité objective l'emporte sur l'utilisation effective — les propriétaires de parking doivent contribuer

Cass. 3e civ., 2 juillet 2026, n° 24-19.787 (publié au Bulletin) | ebronquard-avocat.fr

Type : Jurisprudence

La troisième chambre civile de la Cour de cassation juge que la participation aux charges afférentes à un équipement commun s'apprécie au regard de son utilité objective pour le lot concerné et non de son utilisation effective. En conséquence, des copropriétaires propriétaires de places de stationnement doivent contribuer aux frais de remplacement d'un ascenseur dès lors qu'ils peuvent y accéder, même s'ils choisissent de ne pas l'utiliser ou doivent solliciter une clé auprès du syndic. Cette décision clarifie une question fréquemment litigieuse dans les copropriétés comportant des parkings en sous-sol.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Pour les appels de fonds relatifs aux travaux d'ascenseur, incluez systématiquement tous les lots qui ont un accès potentiel à l'ascenseur, y compris les places de parking, caves et boxes. La répartition des charges doit se faire selon la valeur relative des lots (tantièmes), et non selon l'utilisation réelle de l'équipement. Si votre règlement de copropriété prévoit une répartition différente, vérifiez sa conformité avec cette jurisprudence.

⚠️ Piège à éviter : Certains syndics avaient pris l'habitude d'exclure les lots de parking des charges d'ascenseur au motif que leurs propriétaires « ne prennent jamais l'ascenseur ». Cette pratique est désormais contraire au droit positif. En cas de contestation, le copropriétaire débiteur qui invoque la non-utilisation de l'ascenseur pour refuser de payer sera débouté. Mieux vaut anticiper et ajuster les appels de fonds dès maintenant.

💡 Réflexe à adopter : Lors de la préparation des budgets prévisionnels, vérifiez le tableau de répartition des charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif, etc.) dans le règlement de copropriété. Si des lots en sont exclus sans justification valable, proposez une modification du règlement en AG pour mettre la répartition en conformité avec la jurisprudence — une résolution à la majorité de l'article 24 suffit pour les modalités de répartition des charges.

Haute

Action en responsabilité du copropriétaire contre le syndicat : la prescription quinquennale s'applique, pas le délai de forclusion de deux mois

Cass. 3e civ., 2 juillet 2026, n° 24-22.686 (publié au Bulletin) | kohenavocats.fr

Type : Jurisprudence

La troisième chambre civile consacre l'autonomie de l'action en responsabilité du copropriétaire contre le syndicat des copropriétaires par rapport à l'action en contestation des décisions d'assemblée générale. L'action en responsabilité, fondée sur une faute commise lors de l'adoption d'une résolution, relève de la prescription de droit commun de cinq ans et non du délai de forclusion de deux mois prévu par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Les copropriétaires disposent désormais d'une double voie de recours : l'action en contestation (2 mois) pour obtenir l'annulation, et l'action en responsabilité (5 ans) pour obtenir réparation du préjudice.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Cette décision a un impact majeur sur la gestion des risques pour les syndics. Une résolution d'AG qui serait irrégulière (faute de majorité, cession irrégulière de voix, défaut d'information) peut désormais engager la responsabilité du syndicat — et celle du syndic professionnel — pendant 5 ans, bien au-delà du délai de contestation de 2 mois. Renforcez la sécurisation juridique de chaque résolution : vérification des pouvoirs, respect des majorités, information complète des copropriétaires.

⚠️ Piège à éviter : Ne vous fiez pas à l'expiration du délai de 2 mois pour considérer une résolution comme « définitive ». Même si personne n'a contesté la décision dans les 2 mois, une action en responsabilité peut être engagée jusqu'à 5 ans après si la résolution a causé un préjudice à un copropriétaire. Exemple : une résolution approuvant des travaux sans avoir fourni les devis requis peut engager la responsabilité du syndicat bien après l'expiration du délai de contestation.

💡 Réflexe à adopter : Documentez rigoureusement chaque étape du processus décisionnel : preuve de l'envoi des convocations et des documents annexes (devis, contrats, diagnostics), relevé des questions posées en AG, procès-verbal détaillé. En cas de contentieux, ces éléments constituent la meilleure défense du syndicat et du syndic. Pour les décisions sensibles (travaux importants, modification du règlement, actes de disposition), faites valider par un avocat spécialisé.

Moyenne

Règlement de copropriété non publié : opposable aux ayants cause à titre particulier seulement si mention dans l'acte d'acquisition

Cass. 3e civ., 19 mars 2026 — Jurisprudence de la chambre (analyse Kohen, juillet 2026) | kohenavocats.fr

Type : Jurisprudence

Dans sa synthèse jurisprudentielle publiée le 23 juillet 2026, Maître Reda Kohen analyse plusieurs arrêts de la troisième chambre civile rendus entre 2025 et 2026. Parmi les clarifications apportées : l'absence de publication du règlement de copropriété ne remet pas en cause son existence, mais le rend inopposable à un ayant-cause à titre particulier (acquéreur), sauf mention dans l'acte d'acquisition de sa connaissance et de son acceptation. Par ailleurs, la Cour rappelle (arrêt du 19 mars 2026) qu'un immeuble répondant aux critères de l'article 1er de la loi de 1965 est soumis au statut de la copropriété, peu important la méconnaissance du permis de construire.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Lors de la délivrance des pré-états datés, vérifiez que le règlement de copropriété a bien été publié au fichier immobilier. Si ce n'est pas le cas, informez le notaire et le copropriétaire vendeur. Le défaut de publication peut rendre le règlement inopposable au nouvel acquéreur, ce qui priverait le syndicat de la possibilité de lui opposer les clauses restrictives (destination de l'immeuble, jouissance des parties communes, etc.).

⚠️ Piège à éviter : Certains règlements de copropriété anciens n'ont jamais été publiés. Le syndic peut engager les démarches de publication, mais cela nécessite une décision de l'assemblée générale. En attendant, les clauses du règlement non publié ne sont pas opposables aux acquéreurs récents qui n'en ont pas eu connaissance lors de leur achat.

💡 Réflexe à adopter : Intégrez la vérification de la publication du règlement dans votre procédure de délivrance des pré-états datés. Si le règlement n'est pas publié, alertez le conseil syndical et proposez une résolution en AG pour engager les démarches de publication auprès du service de la publicité foncière.

17. Technique du bâtiment et normes d'équipement
Moyenne

Hausse des tarifs réglementés d'électricité de +2,5 % au 1er août 2026

CRE, proposition du 16 juillet 2026 — applicable au 1er août 2026 | koliving.fr

Type : Tarif réglementé

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a annoncé le 16 juillet 2026 une hausse moyenne de 2,5 % TTC des tarifs réglementés de vente d'électricité (TRVE) au 1er août 2026. Cette augmentation concerne les particuliers et les petites copropriétés souscrivant des contrats aux tarifs réglementés. Pour les copropriétés disposant de contrats collectifs d'électricité (parties communes, ascenseurs, éclairage, ventilation), cette hausse impactera directement les charges de copropriété.

🎯 Impact sur votre gestion

✅ Action concrète : Réévaluez les provisions pour charges des copropriétés sous contrat aux tarifs réglementés. Une hausse de 2,5 % sur la part « électricité parties communes » doit être répercutée dans les budgets prévisionnels 2026-2027. Pour les copropriétés les plus consommatrices (ascenseurs, éclairage permanent, VMC), cela peut représenter plusieurs centaines d'euros par an.

⚠️ Piège à éviter : Ne pas sous-estimer l'impact cumulé des hausses successives. Depuis 2021, les TRVE ont augmenté de plus de 50 %. La SNBC 3 (cf. domaine 11) prévoit une accélération de l'électrification des usages (chauffage, mobilité) qui pourrait maintenir une pression haussière. Les copropriétés doivent intégrer cette tendance dans leur planification financière à long terme.

💡 Réflexe à adopter : Profitez de cette actualité pour relancer une réflexion sur les contrats d'électricité des parties communes. Comparez les offres du marché (certains fournisseurs alternatifs proposent des tarifs indexés sur les prix de marché, parfois plus avantageux que les TRVE). Une AG annuelle peut décider du changement de fournisseur à la majorité simple.

Aucune autre actualité technique notable sur la période (ascenseurs NF EN 81-20/50, étanchéité DTU, VMC, sécurité incendie, etc.).

En bref
📌 DPE collectif obligatoire pour toutes les copropriétés depuis 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les copropriétés de moins de 50 lots doivent également réaliser leur DPE collectif, conformément au calendrier échelonné de la loi Climat et Résilience. Ce DPE doit être renouvelé tous les 10 ans. Une obligation souvent méconnue des petites copropriétés, qui expose à un risque de non-conformité lors des prochaines formalités déclaratives au RNIC.
📌 Projet de loi logement : déposé à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026
Un projet de loi « visant la relance et la décentralisation du logement » a été déposé à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 (n° 3058), après adoption par le Sénat. Ce texte pourrait contenir des dispositions relatives à la copropriété, notamment sur la simplification des majorités d'assemblée générale. À suivre dans les prochaines semaines — le texte n'est pas encore adopté.
📌 Koliving : un projet de travaux sur trois rejeté en AG
Selon une étude relayée par koliving.fr en juillet 2026, près d'un projet de travaux sur trois est rejeté par les copropriétaires en assemblée générale. Ce blocage intervient au moment où la loi impose aux immeubles de se mettre à niveau sur le plan énergétique. Un signal qui confirme l'importance de préparer en amont les résolutions de travaux avec le conseil syndical et d'informer les copropriétaires des enjeux réglementaires.

🎯 Ce qu'il faut retenir cette semaine

  1. Registre des copropriétés (RNIC) : Préparez dès maintenant la collecte des nouvelles données obligatoires (DPE, PPT, RNB, équipements). L'échéance de janvier 2028 arrive vite, et le volume de données est conséquent.
  2. Charges d'ascenseur : La Cour de cassation confirme que tous les lots ayant un accès potentiel à l'ascenseur doivent contribuer, même les parkings. Vérifiez vos tableaux de répartition.
  3. Action en responsabilité : Le délai de 5 ans pour agir en responsabilité contre le syndicat impose une sécurisation renforcée de chaque résolution d'AG. Documentez tout.
  4. Label copropriétés en difficulté : Les premières attributions du label sont parues. Un vivier de professionnels qualifiés est désormais disponible pour les copropriétés fragiles.
  5. SNBC 3 : La stratégie bas-carbone fixe des objectifs ambitieux de sortie des énergies fossiles. Planifiez dès maintenant la transition énergétique des copropriétés dotées de chaufferies fioul ou gaz.