Veille juridique copropriété

Semaine du 21 au 28 août 2026

3 éléments notables
🔔 Cette semaine : 3 éléments marquants à signaler. La loi RIPOST (n° 2026-798 du 18 août 2026) entre en vigueur et interdit le remisage d'engins motorisés dans les parties communes des copropriétés — une nouvelle mission de surveillance pour les syndics. Parallèlement, la réforme MaPrimeRénov' (décret n° 2026-822 et deux arrêtés, publiés le 27 août) supprime la quasi-totalité des monogestes au 1er septembre 2026 et exclut le chauffage gaz des rénovations d'ampleur. En jurisprudence, le TJ de Dax (5 août 2026) se penche sur les difficultés de dissolution d'une copropriété horizontale face au refus d'un copropriétaire de signer une procuration.

1. Droit de la copropriété et métier de syndic

HAUTE
Loi RIPOST : interdiction des engins motorisés dans les parties communes
📜 Loi — LOI n° 2026-798 du 18 août 2026, JORF n°0192 du 19 août 2026
Source : LégifranceMonImmeuble.comL'Officiel des Métiers
La loi RIPOST, promulguée le 18 août 2026 et publiée au JO du 19 août, crée un nouvel article L. 733-1 au Code de la construction et de l'habitation. Elle interdit le remisage d'engins motorisés (scooters, motos, quads, cyclomoteurs) dans les parties communes, caves, sous-sols et locaux de dégagement des immeubles en copropriété, sauf dans les espaces spécialement aménagés à cet effet. La mesure vise à lutter contre les rodéos urbains en « asséchant » les espaces de stockage utilisés par les auteurs de ces infractions. Le syndic est en charge de faire respecter cette interdiction dans le cadre de ses missions d'administration de l'immeuble.
🎯 Impact sur votre gestion

✅ Vérifier les caves et parties communes — Dès à présent, le syndic doit informer les copropriétaires de cette nouvelle interdiction par voie d'affichage et de communication (extranet, réunion CS). Un état des lieux des caves et sous-sols doit être réalisé pour identifier les remisages irréguliers. En cas de constat, adresser une mise en demeure au copropriétaire concerné de retirer son engin sous 8 jours. Le défaut d'action expose le syndic à une mise en cause de sa responsabilité professionnelle pour inaction face à une situation illicite avérée.

⚠️ Pas de rémunération supplémentaire prévue — Cette nouvelle mission de police administrative est confiée au syndic sans aucun ajustement du cadre tarifaire ALUR de 2014. Le Journal de l'Agence parle de « nouvelle mission de service public que les syndics vont mener gratuitement ». Le coût caché est réel : temps passé à la communication, aux constats, aux mises en demeure et aux éventuels contentieux. La piste d'une facturation complémentaire peut être explorée via une résolution en AG sur le fondement de l'article 10 de la loi de 1965 (prestations inhabituelles), mais l'issue n'est pas garantie.

💡 Anticiper en CS — Profitez de la prochaine réunion du conseil syndical pour faire le point sur les espaces de remisage existants. Si la configuration de l'immeuble le permet, proposez à l'ordre du jour de la prochaine AG une résolution visant à créer ou identifier des espaces spécialement aménagés conformes à l'article L. 733-1 du CCH (local vélo/scooter sécurisé). Cette démarche proactive sécurise le syndic et répond aux besoins des copropriétaires concernés.

2. Réglementation de la profession de syndic

Aucune actualité notable cette semaine.

3. Recouvrement et contentieux des impayés

Aucune actualité notable cette semaine.

4. Prêts et financements copropriété

Aucune actualité notable cette semaine.

5. Comptabilité de copropriété

Aucune actualité notable cette semaine.

6. Fiscalité

Aucune actualité notable cette semaine.

7. Droit social

Aucune actualité notable cette semaine.

8. Indivision, démembrement, succession

MOYENNE
Copropriété horizontale : refus de procuration et dissolution — TJ Dax 5 août 2026
⚖️ Jurisprudence (TJ) — TJ Dax, 5 août 2026, RG n° 23/00731
Source : Kohen Avocats (24 août 2026)
Le tribunal judiciaire de Dax examine une situation classique mais rarement documentée : la dissolution d'une copropriété horizontale bloquée par le refus d'un copropriétaire de signer la procuration nécessaire à l'acte authentique. L'affaire met en lumière la complexité des procédures de dissolution, la distinction entre procuration de vote (AG) et procuration notariale, les limites du mandat du syndic, et le recours à l'administrateur provisoire pour débloquer la situation.
🎯 Impact sur votre gestion

✅ Vérifier les pouvoirs du syndic avant toute dissolution — Avant d'engager une procédure de dissolution de copropriété horizontale, assurez-vous que l'assemblée générale a valablement habilité le syndic (ou le liquidateur désigné) à signer l'acte authentique. La résolution doit être suffisamment précise sur le périmètre de la dissolution, les servitudes à reprise et la gestion des comptes. Vérifier également que la majorité applicable est bien celle prévue à l'article 26 de la loi de 1965 (unanimité pour la dissolution totale, ou majorité spécifique selon le règlement).

⚠️ Ne pas confondre procuration de vote et procuration notariale — Le droit de vote du copropriétaire en AG n'habilite pas automatiquement le syndic à signer un acte authentique devant notaire. Une résolution d'AG qui « donne pouvoir au syndic pour signer tout acte » peut être contestée si elle est trop vague. La décision du TJ Dax rappelle que le projet d'acte doit être soumis aux copropriétaires et que la procuration notariale est un document distinct, qui peut nécessiter le déplacement du copropriétaire chez le notaire ou un mandat spécial avec signature légalisée.

💡 Anticiper par un dossier notarié complet — Dès la préparation de la dissolution, faites établir par le notaire et le géomètre un dossier unique comprenant le projet d'acte, l'état des servitudes, le plan de division modifié et le calcul des indemnités éventuelles. Soumettez ce dossier à l'AG avec une résolution reprenant chaque point. En cas de refus persistant d'un copropriétaire, la voie du référé sur le fondement de l'article 834 du CPC peut être envisagée, mais seulement si l'obligation de signer n'est pas sérieusement contestable.

9. Équipements techniques

Aucune actualité notable cette semaine.

10. Normes techniques et construction

Aucune actualité notable cette semaine.

11. Rénovation énergétique

HAUTE
Réforme MaPrimeRénov' : suppression des monogestes et exclusion du chauffage fossile
📜 Décret + Arrêtés — Décret n° 2026-822 du 25 août 2026 + 2 arrêtés du 25 août 2026, JORF n°0199 du 27 août 2026
Applicable à compter du 1er septembre 2026
Source : LégifranceL'Officiel des MétiersBatiactuMonImmeuble.com
Trois textes publiés le 27 août 2026 restructurent profondément MaPrimeRénov'. À compter du 1er septembre 2026 : (1) les monogestes d'isolation (combles, rampants, parois vitrées, toitures-terrasses), de chauffage au bois/biomasse, de VMC, de chauffe-eau thermodynamique et de solaire thermique sont supprimés en métropole ; (2) pour le parcours « rénovation d'ampleur », le demandeur doit garantir qu'aucun système de chauffage ou d'eau chaude à combustible fossile (gaz, fioul) n'est conservé après travaux ; (3) l'obligation de fournir un DPE pour les passoires F/G en monogeste est reportée au 1er janvier 2028. Seuls trois gestes restent éligibles en monogeste : pompe à chaleur (air/eau, géothermique), raccordement à un réseau de chaleur, et dépose de cuve à fioul.
🎯 Impact sur votre gestion

✅ Informer les copropriétaires dès maintenant — Les copropriétés qui projettent des travaux d'isolation, de VMC ou d'installation de poêles à bois en monogeste doivent déposer leurs demandes MaPrimeRénov' avant le 1er septembre 2026. Passé cette date, ces travaux ne seront plus éligibles qu'à travers le parcours de rénovation globale (accompagnée). Pour les petites copropriétés (< 50 lots, concernées par le DPE collectif depuis janvier 2026), l'obligation de produire un DPE collectif pour bénéficier de MPR est maintenue mais le DPE individuel exigé pour les logements F/G est reporté à 2028. Anticipez les demandes de vos copropriétaires en diffusant un calendrier des échéances.

⚠️ Attention aux rénovations d'ampleur avec chauffage gaz — À partir du 1er septembre 2026, une copropriété qui engage une rénovation globale (parcours accompagné) ne pourra plus bénéficier de MaPrimeRénov' si un système de chauffage au gaz est conservé après travaux. Pour les copropriétés encore chauffées au gaz collectif, cela signifie qu'une rénovation d'ampleur devra impérativement inclure le remplacement du système de chauffage (vers une PAC, un raccordement à un réseau de chaleur, ou une solution biomasse collective). Le coût de cette substitution peut représenter 30 à 50 % du budget de rénovation — à intégrer dès la phase d'étude du plan pluriannuel de travaux (PPT).

💡 Réorienter les PPT vers la rénovation globale — Avec la suppression des monogestes, la stratégie de rénovation « pas à pas » n'est plus soutenue financièrement (hors PAC). Les copropriétés doivent désormais privilégier des projets de rénovation globale portant sur plusieurs postes simultanément (isolation + chauffage + ventilation). Le recours à Mon Accompagnateur Rénov' (MAR) devient quasi obligatoire pour sécuriser le financement. Le PPT doit donc être repensé comme un plan pluriannuel de rénovation globale avec des phases cohérentes de travaux groupés, et non plus comme une juxtaposition de gestes indépendants.

12. Assurances

Aucune actualité notable cette semaine.

13. Copropriétés en difficulté

Aucune actualité notable cette semaine.

14. Meublés de tourisme

Aucune actualité notable cette semaine.

15. RGPD

Aucune actualité notable cette semaine.

16. Jurisprudence essentielle

MOYENNE
TJ Dax, 5 août 2026, RG n° 23/00731 — Dissolution copro horizontale et procuration
⚖️ Tribunal judiciaire — TJ Dax, 5 août 2026
Analyse : Kohen Avocats (publié le 24 août 2026)
Cette décision éclaire la procédure de dissolution des copropriétés horizontales, régies par les articles 44 à 55 de la loi du 10 juillet 1965. Le tribunal rappelle que la dissolution suppose un vote à l'unanimité (article 26) et que le refus d'un copropriétaire de signer la procuration notariale n'est pas nécessairement abusif : il peut être fondé sur une contestation légitime des servitudes, du périmètre des lots ou de la validité de l'AG. Le juge distingue clairement la procuration de vote (donnée en AG) de la procuration notariale (requise par le notaire pour l'authentification de l'acte).
🎯 Impact sur votre gestion

✅ Pour les syndics gérant des copropriétés horizontales — Avant d'engager une procédure de dissolution, constituez un dossier complet reprenant l'ensemble des titres de propriété, le règlement de copropriété, l'état des servitudes et le projet d'acte de dissolution. Faites valider le projet par un notaire avant de le soumettre à l'AG. La résolution doit explicitement mentionner : (a) les lots concernés, (b) les servitudes à maintenir ou supprimer, (c) la ou les personnes habilitées à signer l'acte authentique.

⚠️ Ne pas passer en force sans titre clair — Si un copropriétaire refuse de signer sans motif apparent, une mise en demeure est le préalable obligatoire. En cas de blocage persistant, le référé (article 834 CPC) n'est possible que si l'obligation de signer n'est pas sérieusement contestable. Dans le cas contraire, une action au fond avec astreinte sera nécessaire. Attention : le coût d'une procédure au fond (avocat, expert, notaire) peut dépasser la valeur de l'opération pour les petites copropriétés.

💡 Designer un administrateur provisoire en dernier recours — La décision du TJ Dax évoque la possibilité de désigner un administrateur provisoire (art. 29-1 loi 1965) pour représenter les copropriétaires défaillants et permettre la signature de l'acte. Cette voie, lourde et coûteuse, doit être réservée aux situations d'impasse totale où l'intérêt collectif de la dissolution l'emporte sur l'obstruction individuelle.

Note : Aucun arrêt de la Cour de cassation (3e civ.) n'a été publié dans la période de veille.

📌 En bref

Nouveaux DPE au 1er janvier 2027 — L'arrêté du 11 juin 2026, publié au JO du 13 août 2026, prépare l'entrée en vigueur des nouveaux DPE au 1er janvier 2027. Les modalités de calcul et les seuils de classes énergétiques seront modifiés. Les copropriétés engagées dans une démarche de DPE collectif devront anticiper ces évolutions pour éviter de devoir refaire leurs diagnostics à courte échéance. Source : L'Officiel des Métiers.
Tarifs électricité en copropriété : opportunité de sécurisation — Les prix spot de l'électricité oscillent autour de 50 €/MWh (contre 1 130 €/MWh en août 2022). Le marché anticipe une hausse pour 2027-2028. Les syndics ont intérêt à renégocier dès maintenant les contrats d'électricité des parties communes sur des durées de 2 à 3 ans pour verrouiller les tarifs actuels. Source : MonImmeuble.com.

🎯 5 actions prioritaires à retenir cette semaine

  1. Loi RIPOST — Informez sans attendre l'ensemble des copropriétaires de l'interdiction de remiser des engins motorisés dans les caves et parties communes (affichage, extranet, CS). Réalisez un état des lieux avant fin septembre.
  2. MaPrimeRénov' — Monogestes — Les copropriétaires qui envisagent des travaux d'isolation, VMC ou poêle à bois en monogeste doivent déposer leur demande avant le 1er septembre 2026. Passé ce délai, seuls les parcours de rénovation globale restent éligibles pour ces travaux.
  3. MaPrimeRénov' — Chauffage fossile — Toute rénovation d'ampleur engagée après le 1er septembre 2026 devra exclure le gaz ou le fioul. Les PPT en cours doivent être revus si un remplacement de chaudière gaz n'était pas prévu.
  4. Copropriétés horizontales — Si un projet de dissolution est en cours, vérifiez que l'AG a été valablement consultée et que le syndic dispose d'un mandat précis pour signer l'acte authentique. En cas de blocage, une mise en demeure préalable est obligatoire avant toute action judiciaire.
  5. Contrats électricité — Profitez des prix spot bas (50 €/MWh) pour renégocier les contrats d'électricité des parties communes avant la remontée anticipée des tarifs 2027-2028.