Veille juridique copropriété
Cette semaine est marquée par une session exceptionnelle de la Cour de cassation : le 17 septembre 2026, la troisième chambre civile a rendu quatre arrêts publiés au Bulletin qui font évoluer significativement le droit de la copropriété. Au sommaire : la validation du modèle Matera (syndic coopératif assisté), la responsabilité du syndicat sur les toitures-terrasses à jouissance privative, le libre choix du rédacteur du PV d’AG, et la course de vitesse entre AG régularisatrice et administrateur provisoire. Côté réglementation, le décret n° 2026-863 du 12 septembre fixe de nouveaux seuils carbone pour les équipements de chauffage et climatisation, avec entrée en vigueur au 1er janvier 2027. Enfin, la réponse ministérielle du 23 septembre sur les colonnes montantes électriques apporte des précisions utiles à nos copropriétés.
✅ Anticiper l’arrivée des offres de syndic coopératif assisté — La validation par la Cour ouvre la voie à une multiplication des offres de plateformes de gestion « à la carte » pour les copropriétés qui optent pour le syndicat coopératif (art. 17-1 de la loi de 1965). En pratique, un conseil syndical peut désormais envisager un contrat d’assistance pour la comptabilité, les appels de fonds ou la gestion des travaux, sans que le prestataire soit soumis à la loi Hoguet. Vérifiez systématiquement que le contrat prévoit un représentant du syndicat coopératif nommément désigné comme interlocuteur des copropriétaires et des tiers.
⚠️ Ne pas confondre assistance technique et syndic professionnel — Si le prestataire propose une « gestion clé en main » sans que le syndicat coopératif exerce effectivement ses prérogatives (convocation AG, signature des contrats, représentation en justice), le modèle bascule dans l’exercice illicite. Le risque pour le syndicat coopératif est la nullité des actes et une action en responsabilité. Pour le prestataire, l’exercice illégal de la profession est un délit pénal (art. 14 de la loi Hoguet). Assurez-vous que le procès-verbal d’AG mentionne explicitement les missions conservées par le syndicat coopératif.
💡 Mettre à jour votre argumentaire commercial — Pour les copropriétés de 10 lots et plus où le syndicat coopératif est une option (assemblée générale à la majorité de l’art. 24), préparez une fiche comparative entre syndic professionnel traditionnel et syndicat coopératif assisté. Le coût est généralement inférieur de 30 à 50 %, mais le conseil syndical doit être formé et disponible. Proposez un accompagnement progressif (première année avec un professionnel) avant de basculer.
✅ Vérifier vos contrats de syndic et règlements — Si votre contrat de syndic ou le règlement de copropriété prévoit que « le PV d’AG sera rédigé par [nom du syndic] » ou « par [cabinet X] », cette clause est désormais nulle. L’AG peut librement désigner un copropriétaire, un prestataire extérieur ou le syndic lui-même comme secrétaire de séance. Prévoyez une résolution type en AG : « L’assemblée désigne [nom] en qualité de secrétaire de séance pour la rédaction du procès-verbal. »
⚠️ PV rédigé par une personne non désignée : risque de nullité — Si le PV est rédigé par une personne que l’AG n’a pas désignée comme secrétaire de séance, le PV peut être contesté pour irrégularité formelle. Le délai de deux mois de l’article 42 court normalement, mais le copropriétaire qui conteste sur ce fondement peut obtenir l’annulation de la délibération. Soyez rigoureux sur la mention dans le PV : « L’assemblée désigne [nom/prénom] en qualité de secrétaire de séance. »
💡 Anticiper la résolution dans la convocation — Ajoutez systématiquement dans l’ordre du jour de chaque AG : « Désignation du secrétaire de séance pour la rédaction du PV. » C’est une résolution de procédure qui passe à la majorité simple. Ne pas la prévoir dans la convocation ne rend pas la désignation impossible, mais crée un risque de contestation si elle est faite en cours de séance sans avoir été annoncée.
✅ Agir vite dès la vacance du syndic — Lorsque le syndic démissionne ou que son mandat expire sans renouvellement, convoquez sans délai une AG extraordinaire. Le délai de convocation peut être réduit à 15 jours (décret 67-223, art. 7). Une AG tenue dans les semaines qui suivent peut désigner un nouveau syndic et approuver les comptes, rendant irrecevable toute requête en administrateur provisoire. Le coût d’un administrateur provisoire (5 000 à 15 000 € par an selon la taille de la copropriété) justifie cette réactivité.
⚠️ Un copropriétaire opposant peut encore saisir le juge — Si l’AG de régularisation est contestée par un copropriétaire (irrégularité de convocation, défaut de quorum, vote frauduleux), le juge peut écarter l’effet régularisateur. L’opposant doit saisir le tribunal dans le délai de deux mois de l’article 42. Pour éviter ce risque, privilégiez une convocation en respectant strictement les formes (LRAR, délais, ordre du jour complet).
💡 Procédure réflexe en cas de vacance du syndic — Dès la vacance, le conseil syndical doit : (1) convoquer l’AG dans les meilleurs délais avec un ordre du jour incluant désignation du syndic et approbation des comptes ; (2) demander au syndic sortant de transmettre les fonds et documents dans les 8 jours ; (3) informer les copropriétaires par affichage et email. Ne pas attendre qu’un copropriétaire saisisse le juge — la course de vitesse se joue en semaines, pas en mois.
✅ Renvoyer les PV d’AG sans délai — Pour sécuriser vos appels de fonds, notifiez le PV d’AG par LRAR dans les 15 jours suivant l’assemblée. Conservez scrupuleusement les avis de réception et les preuves de première présentation. Le délai de deux mois court à compter du lendemain de la première présentation — une fois expiré, le copropriétaire ne peut plus contester les charges votées, sauf à agir sur un autre fondement (erreur de répartition, abus de majorité).
⚠️ Attention aux copropriétaires « distraits » — Ceux qui partent en vacances ou changent de domicile sans mettre à jour leur adresse auprès du syndic risquent de perdre leur droit de contestation sans même avoir eu connaissance du PV. La Cour de cassation est inflexible : le délai court même si le pli n’est pas retiré. Prévoyez un double envoi par email (si le copropriétaire a accepté la notification électronique) et conservez la preuve de l’envoi LRAR.
💡 Automatiser le suivi des notifications — Relisez vos procédures de notification : LRAR avec suivi en ligne, notification électronique pour ceux qui ont donné leur accord (LRE), affichage dans les parties communes. Le défaut de notification est le premier motif d’annulation des décisions d’AG en contentieux. Budget : prévoyez une ligne pour les frais de LRAR dans le budget prévisionnel (environ 5 à 8 € par notification).
✅ Revoir les programmes de travaux votés avant le 1er septembre — Si une AG a voté des travaux de rénovation par geste (isolation seule, chaudière gaz seule, PAC ECS seule) avant le 1er septembre 2026, les devis signés avant cette date restent éligibles à l’ancienne version de MaPrimeRénov’. Mais les devis signés après le 1er septembre ne pourront pas bénéficier de l’aide. Pour les copropriétés ayant des travaux votés à l’automne 2026, il faut basculer sur un parcours de rénovation globale (au moins 2 gestes dont un d’isolation + un de chauffage performant).
⚠️ Piège des devis signés « à l’aveugle » — Certains installateurs continuent de proposer des devis « MaPrimeRénov’ éligible » pour des pompes à chaleur air-air ou des chaudières bois sans vérifier les nouvelles conditions. Le risque est que le copropriétaire signe, verse un acompte, puis se voie refuser la prime. Le recours contre l’installateur pour information trompeuse est possible, mais le temps et les frais engagés sont perdus. Pour les copropriétés, exigez un écrit de l’installateur certifiant l’éligibilité de l’équipement aux aides en vigueur au moment de la signature.
💡 Accompagner les copropriétaires dans les nouvelles aides — Depuis le 1er septembre 2026, la prime « Coup de pouce » pour les pompes à chaleur exige un agrément préalable du modèle (arrêté du 25 août 2026). Vérifiez que les modèles proposés par vos installateurs figurent sur la liste des modèles agréés. Pour les projets de rénovation collective, sollicitez un accompagnement par un opérateur ANAH (Maprimerenov’ Copropriété) qui monte le dossier de bout en bout.
⚠️ Impact indirect sur les copropriétés avec lots locatifs — Si vos copropriétés comprennent des lots donnés en location (ce qui est le cas dans la très grande majorité), la pérennisation de l’encadrement des loyers peut affecter la valeur des lots et donc la répartition des charges (les tantièmes étant basés sur la valeur relative). Pour les copropriétés situées dans les 72 communes concernées, les propriétaires bailleurs doivent vérifier que leurs loyers respectent les plafonds fixés par arrêté préfectoral. Le non-respect expose à une amende civile pouvant atteindre 5 000 € par logement.
💡 Anticiper pour les copropriétés en zone tendue — Si votre copropriété est dans une commune non encore concernée mais qui pourrait entrer dans le dispositif étendu (communes limitrophes des zones tendues), préparez-vous : les propriétaires bailleurs devront ajuster leurs loyers, et les décisions d’AG concernant les charges récupérables devront être plus transparentes.
✅ Vérifier le statut des colonnes montantes de chaque copropriété — Beaucoup de syndics et de conseils syndicaux ignorent encore que le transfert est automatique depuis 2020, sauf opposition. Pour les copropriétés qui n’ont pas formellement refusé le transfert, les colonnes montantes appartiennent à Enedis depuis le 24 novembre 2020. Si des travaux sont nécessaires (vétusté, mise aux normes, augmentation de puissance), adressez une demande à Enedis qui a l’obligation de les réaliser à ses frais. Le défaut d’entretien d’une colonne non transférée reste à la charge de la copropriété.
⚠️ Les copropriétés qui ont refusé le transfert restent responsables — Si la copropriété a voté en AG une opposition au transfert (c’était possible jusqu’au 24 novembre 2020 pour les copros existantes), les colonnes montantes restent sa propriété et les travaux de renforcement ou de remplacement sont à sa charge. Ces travaux peuvent coûter de 10 000 à 50 000 € selon la taille de l’immeuble. Vérifiez dans les archives du syndic si une opposition a été votée. Si oui, une nouvelle AG peut décider le transfert, même tardivement.
💡 Réflexe à intégrer dans le diagnostic technique — Lors de l’établissement du DPE collectif ou du PPT (Plan Pluriannuel de Travaux), les colonnes montantes électriques sont un point d’attention. Si leur état est jugé vétuste, adressez une demande de diagnostic à Enedis avant de budgétiser des travaux. Cela peut représenter une économie de plusieurs milliers d’euros pour le syndicat.
⚠️ Ne pas libérer les fonds sans vérification de l’agrément — Pour les copropriétés qui réceptionnent une pompe à chaleur collective à l’automne 2026, exigez du fournisseur : la référence du modèle agréé, la note de dimensionnement et la preuve de performance. Une réception sans réserve d’une PAC non agréée expose le syndicat à devoir financer la prime sur ses fonds si le copropriétaire ou le locataire l’ayant commandée se voit refuser l’aide. Depuis septembre 2026, la prime exige aussi que le modèle ne comporte aucun appoint fossile et que la pompe soit dédiée au chauffage.
💡 Anticiper les demandes avant de voter en AG — Les travaux d’installation de PAC sur parties communes (toiture, façade, cour) doivent être votés en AG à la majorité de l’article 24 ou 25 selon qu’ils affectent ou non les parties communes. L’arrêt du TJ Paris confirme que le refus de l’AG peut être contesté devant le juge, mais cela prend 6 à 12 mois. Pour faciliter le vote, préparez un dossier technique complet (étude de faisabilité, devis, performance, éligibilité aux aides) et présentez le modèle agréé.
💡 Suivre les professionnels labellisés — Lorsqu’une copropriété sous votre gestion entre en difficulté (taux d’impayés > 25 %, carnet de logements vacants important, procédure d’administrateur provisoire envisagée), orientez le conseil syndical vers un professionnel titulaire du label. Le label atteste d’une expérience spécifique et de moyens adaptés. La liste des titulaires est disponible sur Légifrance (arrêtés successifs depuis janvier 2026). Cela permet de recommander des interlocuteurs fiables au conseil syndical.
✅ Réaliser le diagnostic structurel avant que le maire ne s’en charge — Si votre copropriété présente des signes de dégradation structurelle (fissures, désordres dans les parties communes, défaut d’entretien), ne laissez pas la situation s’enliser. Le décret donne désormais au maire le pouvoir de se substituer au syndicat, à ses frais. Une expertise d’office coûte généralement 3 000 à 8 000 € (recouvrés auprès du syndicat), mais le maire peut assortir le diagnostic d’une procédure de péril, ce qui déclenche des travaux d’office sous astreinte. Mieux vaut anticiper en programmant les travaux nécessaires en AG.
⚠️ Attention au recouvrement de la dépense — Si le maire diligente l’expertise et recouvre la dépense auprès du syndicat, celle-ci constitue une dépense obligatoire pour le syndicat (art. 18 loi 1965). L’AG ne peut pas refuser de l’inscrire au budget. Le syndic doit l’inclure dans les charges sans attendre le vote de l’AG. Le copropriétaire qui conteste doit agir devant le tribunal administratif, pas le tribunal judiciaire.
💡 Réflexe préventif pour les immeubles anciens — Les copropriétés construites avant 1980 présentent un risque accru de désordres structurels (béton vieillissant, défaut d’étanchéité). Intégrez un diagnostic structurel dans le PPT (Plan Pluriannuel de Travaux) obligatoire pour les copropriétés de plus de 10 lots depuis 2017. Une inspection tous les 5 ans permet d’identifier les désordres naissants avant qu’ils ne déclenchent une intervention du maire.
✅ Vérifier les règlements de copropriété — Si votre copropriété connaît des problèmes de meublés touristiques, vérifiez si le règlement contient une clause d’habitation bourgeoise ou une interdiction explicite des locations de courte durée. Si ce n’est pas le cas, une résolution votée à la majorité de l’article 26 (double majorité) peut modifier le règlement pour restreindre ou interdire les meublés de tourisme. La validité de cette restriction a été confirmée par le Conseil constitutionnel.
⚠️ Procédure à suivre pour agir — Le syndicat doit constater l’infraction (par commissaire de justice de préférence), mettre en demeure le copropriétaire, puis saisir le tribunal judiciaire. L’astreinte peut atteindre 1 000 € par jour et par logement. À Paris, la commune peut en outre infliger jusqu’à 100 000 € d’amende civile par local. Ne pas agir expose le syndicat à une action en responsabilité des autres copropriétaires subissant les nuisances.
✅ Mettre en conformité vos installations de vidéosurveillance — Vérifiez que les caméras installées dans vos copropriétés sont conformes : emplacement signalé par affichage, champ fixe (pas de rotation), durée de conservation limitée (max 30 jours recommandé), accès restreint au syndic et au conseil syndical. La délibération CNIL (n° 2019-001) du 10 janvier 2019 reste le cadre de référence. Le vote en AG à la majorité simple (art. 24) suffit pour autoriser l’installation, mais les copropriétaires doivent être informés individuellement.
⚠️ Preuve par commissaire de justice exigée — Les images de vidéosurveillance ne peuvent pas être utilisées comme preuve de violation du règlement de copropriété sans un constat de commissaire de justice corroborant les faits. Les enregistrements seuls sont écartés par les tribunaux. Anticipez les budgets : un constat de commissaire coûte 150 à 300 €.
✅ Identifier les toitures-terrasses à jouissance privative — Dans chaque copropriété, recensez les toitures-terrasses, balcons ou jardins attribués à jouissance privative. Le règlement de copropriété peut mettre l’entretien courant à la charge du bénéficiaire, mais la structure (étanchéité, gros œuvre) reste une partie commune dont le syndicat est responsable. Une fuite chez le voisin du dessous engage la responsabilité du syndicat, pas celle du bénéficiaire de la jouissance.
⚠️ Ne pas se fier aux clauses d’entretien — La clause de règlement qui dit « le copropriétaire entretient sa terrasse à ses frais » ne transfère pas la responsabilité de l’étanchéité. Si une infiltration est constatée, le syndicat doit agir sans délai contre le copropriétaire bénéficiaire pour accès aux lieux, et contre l’assurance du syndicat pour les dommages. L’arrêt du 17 septembre condamne le syndicat à 18 mois de loyers perdus — un coût considérable pour la collectivité. Un entretien préventif annuel des terrasses (nettoyage, contrôle des joints) coûte 200 à 500 € par terrasse et prévient ces sinistres.
✅ Ne pas confondre contestation et action en responsabilité — Lorsque le syndicat vote une cession de partie commune qui empiète sur un lot privatif, le copropriétaire lésé dispose de deux voies : (1) contester la décision d’AG dans les deux mois de l’article 42, ou (2) agir en responsabilité contre le syndicat dans les cinq ans. La seconde voie est plus longue à mettre en œuvre mais le délai est plus favorable. Dans les deux cas, le syndicat doit être mis en demeure rapidement pour stopper la prescription.
⚠️ Vérifier les cessions antérieures de parties communes — Si votre copropriété a voté des cessions de parties communes (lots de copropriété cédés à un promoteur, création de lots nouveaux), vérifiez la conformité avec l’état descriptif de division. Une cession irrégulière peut être attaquée jusqu’à 5 ans après, même si l’AG a approuvé les comptes chaque année sans contestation. La superposition des documents (état descriptif, règlement, PV des AG) est essentielle.
💡 Bon à savoir pour les projets de construction en copropriété — Si votre copropriété projette des travaux d’aménagement des espaces extérieurs (parkings, terrasses, espaces verts), le quota d’espaces minéralisés se calcule à l’échelle de la parcelle entière, pas lot par lot. Cette souplesse permet de compenser une minéralisation excessive d’un côté par des espaces verts de l’autre côté de la parcelle.
Réponse ministérielle du 15 septembre 2026 — Le ministère de l’Intérieur maintient la procédure stricte de 8 jours pour l’enlèvement des véhicules en copropriété, malgré les demandes d’assouplissement. La réponse confirme que le maire et non le syndic peut autoriser l’enlèvement après 8 jours d’immobilisation. Faible
Décret du 12 septembre 2026, JO du 13 septembre — Applicable au 1er janvier 2027, ce décret soumet l’installation des équipements de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude sanitaire à des seuils carbone stricts. Le devis signé à l’automne 2026 ne garantit pas que l’équipement pourra être installé en 2027 si les seuils ne sont pas respectés. Impact direct sur les copropriétés qui programment le remplacement de chaudières collectives. Voir analyse complète section 9.
23 septembre 2026 — Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté le lancement de la première phase de travaux de rénovation, un projet estimé à 800 millions d’euros. Cette décision illustre les difficultés des grandes copropriétés à financer des travaux d’envergure, même quand le permis de construire est expiré. Cas exceptionnel, mais qui rappelle l’importance de l’échelonnement des travaux et des aides publiques. Faible
Analyse Kohen 25 septembre 2026 — Même après l’expiration du délai de deux mois de l’article 42, le copropriétaire qui n’a pas contesté une décision d’AG peut encore obtenir réparation sur le fondement de la responsabilité contractuelle du syndic ou délictuelle du syndicat. L’arrêt du 2 juillet 2026 (cassation, cour d’appel de Chambéry) rouvre l’ensemble du litige pour une cession irrégulière de partie commune. Moyenne — voir jurisprudence ci-dessus.
Rapport parlementaire du 24 septembre 2026 — Le rapport préconise d’étendre l’encadrement des loyers à toutes les communes en zone tendue après novembre 2026. Pour les copropriétés, l’impact concerne la valeur locative des lots et les charges récupérables. Sujet à suivre. Voir analyse section 6.
🎯 Les 5 actions prioritaires à retenir cette semaine
- Vérifier le statut des colonnes montantes électriques dans chaque copropriété — depuis 2020, elles sont à Enedis sauf opposition formelle. Une demande de diagnostic à Enedis peut économiser 10 000 à 50 000 € de travaux. (Urgence : réponse ministérielle du 23 septembre)
- Identifier les toitures-terrasses à jouissance privative et programmer un contrôle d’étanchéité annuel. L’arrêt du 17 septembre condamne le syndicat pour les infiltrations venant de ces terrasses, même avec clause d’entretien chez le bénéficiaire.
- Mettre à jour vos contrats de syndic et règlements pour supprimer toute clause imposant un rédacteur de PV d’AG — l’arrêt du 17 septembre les déclare non écrites. Ajoutez une résolution type de désignation du secrétaire de séance dans l’ordre du jour des AG.
- Vérifier les devis de PAC et chaudières signés après le 1er septembre 2026 : l’agrément du modèle est obligatoire pour la prime Coup de pouce, et les seuils du décret du 12 septembre s’appliqueront au 1er janvier 2027. Ne libérez pas les fonds sans preuve d’agrément.
- Anticiper l’expertise structurelle d’office par le maire (décret n° 2026-674) : réalisez les diagnostics structurels prévus au PPT avant que la commune ne s’en charge à vos frais, ce qui déclencherait une procédure de péril.